La K-Pop un outil essentiel du soft power sud coréen
Amorce
Vous avez sans doute déjà entendu parler de la série sud-coréenne “Squid Game” diffusée en décembre 2021 sur Netflix. Comment une série télévisée produite par un tout petit pays asiatique a-t-elle pu devenir le plus gros succès Netflix ? Tout cela part de la culture K-Pop (Korean-Pop), née dans les années 90. Ce mouvement rapporte des milliards depuis plusieurs années à la 10 ème économie mondiale. La K-Pop regroupe plusieurs genres musicaux originaires de la Corée du Sud, caractérisés par une large variété d'éléments audiovisuels.
Définition des termes
La K-Pop est devenue la source principale de soft power de la Corée du Sud. Le concept de “soft power” est né aux EÉtats-Unis dans les années 1990, et fut élaboré par Joseph Nye un professeur de relations internationales de l’université d’Harvard. Alors que le "hard power" fait appel à des moyens coercitifs, comme des menaces ou encore l’usage de la force pour orienter les relations internationales, le "soft power", quant à lui, pourrait se définir comme une politique d’influence, la capacité d'obtenir ce que l'on veut par l'attraction, par la communication publique, et notamment grâce à la culture.
Problématique
Je m'interrogerai dans cet oral sur la problématique suivante : comment la K-Pop est-elle devenue un outil essentiel du soft power Sud Coréen ?
Annonce du plan
Dans une première partie j'étudierai l’émergence de la K-Pop et de son succès, et dans une seconde partie, je montrerai comment la K-Pop a rendu visible la Corée du Sud sur la scène internationale.
Avant les années 2000, la Corée du Sud n’attirait pas vraiment les regards. Les stigmates de la guerre de Corée (1950-1953), médiatisés au début de la Guerre Froide, ont très vite donné à cette péninsule anciennement colonisée par le Japon l’image d’une zone dévastée par la guerre et dépourvue de richesses. Cependant, durant ce premier conflit de la guerre froide, des concerts furent organisés par les forces américaines à la fois au sein de leurs bases militaires et à l'extérieur. Cela va permettre à la Corée de découvrir de nouveaux genres musicaux, occidentaux et modernes. La scène musicale coréenne commence alors à se développer avec la montée en puissance des "boys band".
Mais il a fallu attendre la démocratisation effective du pays en 1993, marquée par l'élection du président Kim-Young Sam pour que la K-Pop puisse émerger. En effet, cette phase de démocratisation va de pair avec un retour au divertissement. Le gouvernement comprend, alors que la culture est un bien exportable. C’est en 1995, qu’est fondé le Bureau de l’Industrie Culturelle, dont le but est de promouvoir la K-Pop à l’international. On peut lire dans le livre blanc de la diplomatie sud coréenne : “Le gouvernement souhaite accroître le rôle et le prestige de la Corée auprès de la communauté internationale”. C’est la naissance de l’Hallyu, la vague de culture sud-coréenne, qui toucha tout d’abord l’Asie puis le monde.
À partir des années 2000, la K-Pop ne cesse de gagner en influence sur les marchés étrangers en dehors de l'Asie, notamment en Occident. À partir des services de réseaux sociaux et de la plateforme de partage vidéo YouTube, la K-Pop étend son audience et prolifère. En 2019, 6,1 milliards de tweets parlent de K-POP, soit 11 000 par minute. En juin 2017, le magazine américain Time qualifie le groupe BTS comme l'une des personnalités les plus influentes d'Internet. Ce groupe rapporte chaque année plus de 3,6 milliards d’euros à la Corée du Sud. La K-Pop a donc grandement participé à l'enrichissement de la Corée du Sud et de sa population, le PIB par habitant est passé de 160$ en 1960 à 33 000$ par habitant en 2018.
L’influence de la K-Pop s’étend même à l’ONU. En effet, depuis 2017 le groupe BTS s’est associé à l’ONU et plus précisément à l'UNICEF dans l’optique de lutter contre la violence, et de promouvoir le bien-être des enfants et des jeunes partout dans le monde. Il a également enregistré un clip au sein des locaux de l’ONU. Cette reprise de leur single “Permission to dance” est d’ailleurs, avec 68 millions de vues, la vidéo la plus regardée sur la chaîne Youtube de l’ONU.
Par ailleurs, la K-Pop est un outil : elle est produite en suivant des méthodes quasi militaires. C’est une arme politique au même titre que la culture étatsunienne. “La K-Pop a été utilisée par le gouvernement comme l'un des vecteurs de sa diplomatie publique" considère Antoine Bondaz, directeur du programme Corée à la Fondation pour la recherche stratégique. Et les résultats sont là : aujourd’hui 1 touriste sur 13 se rend en Corée du Sud en raison de son intérêt pour la K-Pop. Cet outil géopolitique a donc permis à la Corée du Sud de se faire une place dans le concert des nations.
L’outil essentiel du soft power sud coréen qu’est la K-Pop a nettement aidé ce petit pays à devenir la 4ème économie d’Asie. Son rayonnement est capable de rallier des gens du monde entier et de donner une image renouvelée de la Corée du Sud, un pays peu attractif du XXème siècle est devenue l’une des destinations les plus prisées du début du XXIème. La K-Pop a permis à la Corée du Sud de comprendre le potentiel qu’avait sa culture et a ouvert la voie à la diffusion massive dans le monde d’autres produits culturels comme les films ou les séries, par exemple Squid Game.
Un père célibataire à besoin d’argent pour sa fille et se fait approcher pas quelqu’un qui peut lui en procurer. Cependant il est drogué et emmené à son insu sur une île avec d’autres participants où ils vont participer à des épreuves mortelles (au sens propre du terme), seul le dernier en vie remporte l’argent.
Le premier label de K-Pop.
La devise en Corée du Sud est le won : 1€ = 1366 won
Dictature de 1963-1979 - Park Chung-Hee.
JO à Pékin, Coupe du Monde, appui économique et financier au développement de l’attractivité touristique ou de certaines industries, appui du Qatar à certains courants religieux musulmans, à certaines mosquées, à des chaînes de télévision, appui de l’Église Catholique Caticane au fil des siècles, à l’enseignement dans les pays colonisés…
Institut français dans de grandes villes à l’étranger, défense de la francophonie, valorisation touristique de la Tour Eiffel, du Louvre, de la gastronomie, appui public à la diffusion mondiale du Tour de France ou de Roland Garros, valorisation des entreprises de luxe (Dior, Chanel, Louis Vuitton…). Notons que l'on retrouve l'institut Coréen dans certaines grandes villes également.