Comment lutter contre le chômage ?
SUJETS CORRIGÉS D'ÉPREUVE COMPOSÉE N°1
Montrez que la relation salariale est une relation institutionnalisée.
Définition des termes du sujet.
Le salariat est un mode d’organisation du travail qui implique la signature d’un contrat par lequel un agent économique s’engage envers un autre agent économique à effectuer un travail en échange d’une rémunération. On parle du contrat de travail. Le contrat de travail est donc un document juridique qui définit les modalités de travail, les droits et devoirs des employeurs et du salarié l’un envers l’autre, le niveau du salaire et qui établit un lien de subordination entre l’employeur et le salarié.
D’un point de vue économique, une institution est une règle, une convention, ou bien une norme de comportement qui structure les relations entre agents économiques.
Affirmation.
Parce qu’elle passe par la signature d’un contrat de travail dont les aspects juridiques et légaux sont encadrés par l’État, la relation salariale est une relation institutionnalisée.
Explication, mécanismes.
On peut citer deux arguments qui permettent de montrer que la relation salariale est une relation institutionnalisée, et donc que le travail n’est pas uniquement une marchandise qui s’échange sur un marché.
Tout d’abord le contrat de travail ne fixe pas uniquement le salaire mais également les horaires de travail, ses modalités et définit les droits et les devoirs du salarié et du patron, l’un envers l’autre. Ainsi, au-delà d’un échange économique de la marchandise « travail », le salariat est une relation sociale.
Ensuite, l’État intervient et surtout encadre la relation salariale. Il intervient de manière directe, en fixant le niveau du SMIC, et de manière indirecte en rendant obligatoire l’existence de conventions collectives au sein des différentes branches de l’économie.
Les conventions collectives contiennent les règles particulières du droit du travail applicable à un secteur donné (contrat de travail, hygiène, congés, salaires, classification, licenciement...). Elles sont conclues par les organisations syndicales représentatives des salariés et les organisations ou groupements d’employeurs, c’est-à-dire les partenaires sociaux.
Conclusion.
La relation salariale n’est pas une relation purement économique mais bien une relation institutionnalisée.
Distinguez chômage classique et chômage keynésien.
Définition des termes du sujet.
Le chômage désigne la situation d’un individu en âge de travailler, sans emploi, souhaitant travailler et à la recherche active d’un emploi. Au niveau macroéconomique, le chômage est une préoccupation publique que les économistes cherchent à comprendre et à analyser afin de proposer des solutions pour le résoudre.
Affirmation.
On distingue le chômage classique et le chômage keynésien. La différence d’analyse du chômage entre les classiques et les néoclassiques et les keynésiens résulte de leurs différentes conceptions du marché du travail.
Explication.
Les néoclassiques considèrent le marché du travail tel un marché comme les autres qui fonctionne selon la loi de l’offre et de la demande. Ainsi une hausse de l’offre de travail ferait baisser le prix du travail, le salaire, et une hausse de la demande de travail, ferait augmenter les salaires. Au salaire d’équilibre toute personne offreuse de travail à ce prix est assurée de trouver un emploi et toutes les offres d’emploi sont satisfaites. Selon un tel modèle et si les conditions de concurrence pure et parfaite sont satisfaites, il n’y a pas de chômage. Le chômage en tant que situation d’une personne sans emploi est donc nécessaire volontaire : les individus choisissent de ne pas offrir le travail au salaire d’équilibre.
Le chômage dans les sociétés actuelles résultent pour les néoclassiques de rigidités sur le marché du travail qui prennent la forme de rigidités institutionnelles créées par l’intervention de l’État . Ils critiquent notamment l’existence d’un salaire minimal maintient le salaire artificiellement haut et empêche l’offre et de la demande de travail de se rencontrer et de permettre l’équilibre sur le marché.
Pour Keynes le chômage est involontaire et s’explique par une insuffisance de la demande globale. Alors que les néoclassiques estiment que le chômage s’explique par un dysfonctionnement sur le marché du travail, Keynes estime que le chômage s’explique par un dysfonctionnement sur le marché des biens et services. Une faible production par les entreprises se traduit par un faible investissement et une faible embauche voire des licenciements dans certaines situations économiques, ce qui contribue à faire augmenter le taux de chômage.
Conclusion.
Ces deux définitions du chômage se traduisent sur le plan politique par des recommandations très différentes : il s’agit de supprimer les rigidités institutionnelles créées par l’État selon les néoclassiques et de flexibiliser le marché du travail, tandis que selon l’approche keynésienne, l’intervention de l’État peut être profitable afin de mettre en place des mesures de soutien voire de relance de la demande.
Comment la flexibilité du marché du travail peut-elle réduire le chômage ?
Définitions des termes du sujet.
Le chômage est la situation d’individus sans emploi, en âge de travailler, qui souhaitent travailler, et à la recherche active d’un emploi. La flexibilité du marché du travail est un mode de fonctionnement du marché du travail prôné par les théories néoclassiques qui vise à rendre facile et rapide l’adaptation du facteur travail aux variations de la demande, aux conditions de production des entreprises et au degré de concurrence auquel elles font face.
Affirmation.
La flexibilité du marché du travail permet de réduire le chômage en faisant s’adapter rapidement le prix du travail, autrement dit le salaire, et par conséquent les quantités de travail offertes et demandées pour qu’elles s’égalisent à nouveau en cas de déséquilibre.
Explication.
Le marché du travail est flexible quand le prix (ici les salaires) varient à la baisse lorsque l’offre de travail (venant des chômeurs = offreurs de travail / demandeurs d’emploi) est supérieure à la demande de travail (émanant des entreprises). Dans ce cas, le nombre de demandeurs augmente (puisque le coût salarial baisse) et le nombre d’offreurs baisse (certains individus sortent du marché du travail car considèrent les salaires trop bas : ils arbitrent entre temps de loisirs et temps de travail et font le choix de ne plus offrir leur travail). Ce mécanisme permet un retour à l’équilibre du marché du travail ; autrement dit une égalisation de l’offre de travail et de la demande de travail qui élimine le chômage.
Conclusion.
C’est dans cette perspective que les libéraux demandent la suppression du salaire minimum (qui entrave selon eux le libre fonctionnement du marché) pour permettre au salaire de baisser jusqu’à ce que l’équilibre se rétablisse.
Montrer qu’une politique de soutien à la demande peut-être un instrument de lutte contre le chômage.
Définition des termes du sujet.
La demande globale comprend la demande individuelle des ménages (consommation), la demande en biens de production (investissement des entreprises), la demande publique, demande de l’État, et la demande extérieure (les exportations). On note schématiquement D, la demande globale, telle que D = C + I + X.
Le chômage désigne la situation d’un individu en âge de travailler, sans emploi, souhaitant travailler et à la recherche active d’un emploi. Au niveau macroéconomique, le chômage est une préoccupation publique pour des raisons sociales et économiques. L’État peut mettre en place des politiques publiques destinées à réduire le taux de chômage (part des chômeurs dans la population active).
Explication.
Une des politiques envisageables est une politique dite de soutien de la demande qui consiste à soutenir la demande globale via une de ces composantes ou plusieurs parmi la consommation des ménages, l’investissement des entreprises ou la demande extérieure.
Mécanismes.
L’État peut soutenir la demande de biens et services des ménages par une politique de relance de la consommation en baissant les impôts sur le revenu, en augmentant les allocations destinées aux ménages les plus en difficultés (qui ont la plus grande propension marginale à consommer, c’est-à-dire que ce sont eux qui dépensent la plus grande part de leur revenu en biens de consommations) ou en augmentant le salaire minimum, le SMIC. De telles mesures vont se traduire par une hausse de la consommation, une hausse de la demande globale, qui vont inciter les entreprises à produire plus et donc à embaucher pour assurer un rythme de production plus élevé.
L’État peut soutenir l’investissement des entreprises via une politique destinée à soutenir l’offre. Les mesures peuvent être une baisse des impôts sur les bénéfices, une baisse des cotisations sociales. L’idée est d’augmenter la part de profit des entreprises, leur rentabilité, et de les encourager à investir en capital physique et en facteur travail, autrement dit à embaucher, ce qui contribue à réduire le chômage.
Enfin, une politique de soutien à la demande peut concerner la demande extérieure, et viser à rendre moins cher sur le plan international les produits nationaux. Cela peut passer par une action sur les taux de change, lorsque la politique monétaire le permet (ce n’est pas le cas dans l’Union Européenne, les pays étant dépendant pour leur politique monétaire de la BCE), qui va consister à baisser le taux de change, pour encourager la demande extérieure de produits nationaux, augmenter les exportations, donc la demande globale, et à termes encourager production et embauche.
Conclusion.
Les politiques de soutien à la demande sont des politiques efficaces en matière de réduction du chômage, elles posent cependant un problème, elles augmentent le déficit budgétaire de l’État.
Pourquoi selon les néoclassiques, le chômage est-il volontaire ?
Définition des termes du sujet.
Selon l’analyse néoclassique du marché du travail, le marché du travail, fonctionne comme tout autre marché selon la loi de l’offre et de la demande en situation de concurrence pure et parfaite. Le chômage est la situation d’individus sans emploi, en âge de travailler, qui souhaitent travailler, et à la recherche active d’un emploi.
Affirmation.
Les néoclassiques considèrent que si les conditions de concurrence pure et parfaite sont satisfaites, le chômage ne peut être que volontaire.
Explication.
Pour les néo-classiques le fonctionnement sans entraves du marché du travail doit permettre le plein emploi. En effet si l’offre de travail (chômeurs) est supérieure à la demande de travail (entreprises), les prix (ici les salaires réels) doivent baisser provoquant une augmentation de la demande de travail de la part des entreprises (pour qui la baisse des salaires se traduit par une baisse du coût du travail) et par une baisse de l’offre de travail (certains offreurs de travail quittent le marché du travail trouvant le salaire trop faible). L’équilibre se rétablit donc permettant l’égalisation de l’offre et de la demande, et donc la suppression du chômage.
Conclusion.
Si dans une telle situation il reste des chômeurs il s’agit de personnes qui ne souhaitent pas offrir leur travail au salaire en vigueur, et c’est pourquoi les néoclassiques considèrent que le chômage est volontaire.