Comment expliquer l’engagement politique dans les sociétés démocratiques ?
Engagement politique
L'engagement politique est une action individuelle ou collective destinée à conquérir le pouvoir ou à l'influencer pour faire évoluer la vie de la société.
Action collective
Mobilisation collective d’individus ou de groupes d’individus dans le but d’atteindre un but commun.
Citoyenneté
La citoyenneté est le terme utilisé pour désigner la qualité d’un habitant d’un territoire (pays généralement) définie juridiquement par un ensemble de droits et de devoirs envers la collectivité politique et également socialement et politiquement par un ensemble de rôles sociaux et de qualités morales. La citoyenneté confère à tous les membres d’une nation les mêmes droits et devoirs.
Démocratie représentative
Forme de démocratie dans laquelle le peuple élit ses représentants et leur délègue son pouvoir de décision. Il s’agit donc d’un régime politique dans lequel les citoyens exercent leur souveraineté par l’intermédiaire de représentants élus.
Vote
Forme d’engagement politique « ordinaire » par laquelle les citoyens expriment leur opinion en désignant leurs représentants (élection) ou en donnant leur avis sur une décision (référendum).
Rituel
Un rituel peut être défini comme une pratique sociale répétée et répétitive, codifiée, symbolique, et dont l’accomplissement génère un certain effet attendu.
De ce point de vue, le vote est un rituel pour plusieurs raisons :
Électeur
Un électeur est une personne qui a le droit de vote et qui est inscrite sur les listes électorales.
Militantisme politique
Le militantisme désigne la participation active d’un individu ou d’un groupe à la défense d’une cause ou d’une idéologie dans le cadre d’un parti politique, d’un syndicat ou d’une association politique. Il s’agit, en bref, du fait de lutter pour une cause, une idéologie, un parti.
Engagement associatif
Engagement politique caractérisé par la participation de l’individu à une association. L’engagement associatif vise à renforcer le lien social, à développer la solidarité, et à lutter contre les différentes formes d’exclusion. Cette forme d’engagement implique un temps donné gratuitement et volontairement à autrui en dehors de son univers personnel. Aujourd’hui en France un français sur quatre est bénévole.
Parti politique
Regroupement de citoyens ayant les mêmes convictions politiques. Chaque parti rédige un programme politique et son objectif est d’être élu pour mettre en place son programme au niveau régional ou national.
Pluralisme politique
Principe fondamental de la démocratie, inscrit en France dans la constitution en 1958, qui repose sur l’existence de différents partis politiques, permettant aux électeurs de bénéficier d’une liberté de choix.
Association
Organisation non marchande productrice de biens et de services dans un but non-lucratif afin de promouvoir des valeurs sportives, humanitaires, culturelles, écologiques.
Protestation politique
Forme de participation contestataire - qui consiste en des actions dirigées contre le pouvoir, le gouvernement ou encore une politique particulière - et - directes en ce sens qu’elles mettent face à face les citoyens et les détenteurs du pouvoir. Elles peuvent être légales ou illégales et sont parfois violentes. La protestation politique est une forme d’engagement politique au sein de laquelle les citoyens reprennent la voix qu’ils ont temporairement déléguée à leurs représentants.
Mouvements sociaux traditionnels
Mouvements sociaux tournés vers les questions du travail, de ses conditions et de sa rémunération.
Nouveaux mouvements sociaux
Mouvements sociaux tournés vers des enjeux culturels ou de société.
Participation politique conventionnelle
Vote et militantisme dans un parti politique ou un syndicat.
Participation politique non conventionnelle
Comportements politiques qui passent par des pratiques contestataires non liées au processus électoral : grève, blocus, boycott.
Consommation engagée
Engagement politique qui consiste à faire des choix de consommation répondant à certaines exigences, il peut s’agir de privilégier certains produits pour des raisons politiques, sociales ou écologiques ou à l’inverse à boycotter certaines marques ou entreprises.
Passager clandestin
Ménage, entreprise ou pays qui cherche à bénéficier d’un bien ou d’un service sans en payer le prix.
Paradoxe de l’action collective
L'économiste et sociologue américain Mancur Olson (1932-1998) a mis en évidence un paradoxe dit paradoxe de l’action collective. Un individu raisonnant de façon purement rationnelle, n’a pas intérêt a priori à se mobiliser. En effet la mobilisation collective (grève, manifestation) génère au niveau individuel des coûts en termes de temps, d’énergie, et également un coût financier, lors de la grève par exemple. Or, si la mobilisation est gagnée, si le gouvernement retire son projet de loi (si la manifestation portait sur un projet de loi par exemple) ou que, dans le cas d’une grève le patron accorde l’augmentation de salaire, tous les individus de l’entité (Nation, ou entreprise) bénéficieront de cette « victoire ».
Ainsi, un individu pris isolément a intérêt à se comporter « en passager clandestin » : il ne se mobilise pas et ne supporte donc pas les coûts de la mobilisation, mais il profite a posteriori des bénéfices de la mobilisation menée par les autres. Il y a donc une contradiction (et donc un paradoxe) entre l'intérêt collectif et l'intérêt individuel. Cependant, si tous les individus appliquent ce même raisonnement, aucune mobilisation n’a lieu.
Pourquoi observe t’on pourtant encore des manifestations, des grèves, et autres formes de mobilisations ?
Incitations sélectives
Les incitations sélectives sont un ensemble d’incitations économiques, financières, sociales et morales ayant pour but d’encourager les individus à participer à des actions collectives. Elles peuvent être positives ou négatives et permettent de résoudre le paradoxe de l’action collective. Il peut s’agir de la constitution d’une caisse de grève pour limiter les pertes monétaires en cas de grève dans les entreprises (incitation positive) ou bien du rejet par les collègues en cas de non-participation à la mobilisation (incitation négative).
Rétributions symboliques
La notion de rétributions symboliques a été introduite par Daniel Gaxie. Selon lui il fallait pouvoir expliquer la mobilisation politique des individus autrement que par la défense d’une cause ou d’une idée de manière dévouée et désintéressée.
Les rétributions symboliques désignent les coûts et avantages non pas matérielles mais symboliques à prendre part à l’action collective. Ils peuvent recouvrir de nombreux domaines comme le divertissement, l’estime de soi, le pouvoir ou la notoriété. Le fait d’aller manifester par exemple peut être divertissement (ambiance festive) et/ou me donner une bonne image de moi, je suis fier – fière de moi d’avoir militer pour une idée qui me tient à cœur, ou que je trouve importante.
Structure des opportunités politiques
La notion de structure des opportunités politiques vise à rendre compte des facteurs liés à l’environnement politique susceptibles d’influer sur les conditions d’émergence, de développement (de réussite ou d’échec) d’une action collective.
La structure des opportunités politiques se compose de plusieurs éléments essentiels tels que :
Répertoire d’action collective
La notion de répertoire de l’action collective a été définie par Charles Tilly en 1978. Cette expression désigne l’ensemble des moyens de mener l’action collective. Il s’agit pour les acteurs d’une mobilisation de différents modes d’action parmi lesquels ils peuvent puiser.
Depuis les années 1970 les enjeux et les formes de l’action collective se sont diversifiés. D’une part l’action collective ne concerne plus uniquement les conflits du travail ou des conflits liés à des enjeux matériels, mais ses formes ont également évolué, elle ne passe plus seulement par la grève ou des manifestations mais peut se traduire par des occupations (ZAD à Notre Dame des Landes par exemple), des concerts, des défilés…