Les matières
Fiche vérifiée

Quelles inégalités sont compatibles avec les différentes conceptions de la Justice Sociale ?

Egalité

Il existe trois types d’égalité : des droits, des chances ou des situations.

L’égalité des droits suppose que tous les individus se voient appliquer les mêmes règles juridiques. L’égalité des droits s’oppose par exemple au système des castes en Inde, à l’esclavage ou aux ordres de l’Ancien régime. L’égalité des droits est en revanche compatible avec de grandes inégalités des chances ou de situations.

L’égalité des chances suppose que tous les individus ont la même chance d’accéder aux positions sociales les plus valorisées, indépendamment de leur origine sociale. L’égalité des chance est compatible avec une grande inégalité des situations.

L’égalité des situations suppose que les individus disposent d’avantages économiques et sociaux identiques. L’égalité des situations est une perspective, un idéal vers lequel tendre : les débats portent en général sur les moyens de réduire les inégalités de situation.

Inégalité

Une inégalité est une différence d’accès aux ressources rares et socialement valorisées (revenu, pouvoir, prestige, diplôme, honneur, emploi, santé…).

On distingue les inégalités économiques des inégalités sociales.

Les inégalités économiques sont des inégalités de l’ordre de l’avoir : inégalités dans la répartition des ressources matérielles de la société. Il s’agit avant tout des inégalités de revenus et de patrimoine.

Les inégalités sociales peuvent être de l'ordre du pouvoir ou de l'ordre du savoir.

  • Les inégalités "de l’ordre du pouvoir" sont des inégalités dans la répartition des ressources sociale et politique, du pouvoir, de la capacité à défendre ses intérêts et ses droits, de la capacité à peser sur l’organisation de la société ;
  • Les inégalités de l’ordre du savoir sont des inégalités dans la répartition des savoirs, dans la capacité à élaborer des connaissances et à donner un sens au monde.

Remarque

Les inégalités se cumulent. Tout d'abord, les inégalités économiques se cumulent entre elles : les inégalités de revenus engendrent des inégalités de patrimoine et inversement. Il est en effet plus facile de se constituer un patrimoine avec un revenu élevé, et plus aisé de générer des revenus importants si l’on détient initialement un certain patrimoine.
Ensuite les inégalités économiques entrainent des inégalités sociales et vice-versa. Des inégalités économiques engendrent des inégalités sociales : il est plus facile de défendre ses droits ou d’intégrer des écoles prestigieuses si l’on dispose de revenus élevés. Inversement, détenir des savoirs et des connaissances et être en mesure d’influencer l’organisation de la société facilite l’obtention d’emplois hautement qualifiés et bien rémunérés.

Coefficient de Gini

Mesure le niveau d’inégalités au sein de l’ensemble de la population. Plus l’indice est proche de 0, moins il existe d’inégalités, plus il s’approche de 1, plus le niveau d’inégalités est élevé.

Courbe de Lorenz

Permet de représenter la répartition d’une variable (revenus, patrimoine…) entre les individus d’une population.

Effet pervers

Effet non désiré et contraire au comportement attendu d’une mesure publique.

Fiscalité

Ensemble des pratiques de perception des prélèvements obligatoires (impôts, taxes et cotisations sociales). On distingue plusieurs types d'impôts :

  • Les impôts proportionnels

On parle d’impôt proportionnel lorsque le taux est le même pour tous. Les impôts proportionnels sont prélevés sur les revenus (cotisations sociales) ou sur les dépenses (TVA).

  • Les impôts forfaitaires

Le montant prélevé est le même pour tous les ménages. Quelque soit son revenu le contribuable paye une somme fixée par le Trésor Public : un forfait qui est le même pour tous. La redevance audiovisuelle est un exemple d’impôt forfaitaire.

  • Les impôts progressifs

On parle d’impôts progressifs lorsque le taux de prélèvement augmente avec la valeur de ce qui est taxé. C’est le cas de l’impôts sur le revenu : plus le revenu du ménage est élevé, plus le taux d’imposition est élevé. Les bas revenus ne paient pas – ou peu – d’impôts sur le revenu, au contraire des hauts revenus qui en paient un pourcentage important.

Remarque

Seule la fiscalité progressive permet de limiter les inégalités de revenus car elle impose plus les plus riches.

Discrimination

Un traitement différent des individus en raison d’un critère interdit par la loi (sexe, origine, handicap, orientation sexuelle, âge…).

Protection sociale

L’ensemble des dispositifs mis en place pour aider les individus à faire face aux risques sociaux.

Logique d’assistance

Principe de solidarité qui consiste à garantir à tous un minimum de ressources, afin d’assurer la satisfaction des besoins fondamentaux. Ce principe repose sur des prestations non contributives (l’individu qui les perçoit n’a pas nécessairement payé de cotisations sociales pour les toucher) versées sous condition de ressources.

La logique d’assistance a été théorisée au XXème siècle par Beveridge, parlementaire et économiste anglais.

Logique d’assurance

La logique d’assurance a pour fondement le modèle fondé par Bismarck au XIXème siècle, en Allemagne. Il s’agit d’un principe de solidarité qui consiste à se prémunir contre certains risques. Il repose sur des cotisations en contrepartie de prestations monétaires ou en nature.

Risques sociaux

Évènements qui occasionnent une perte, ou une diminution des ressources d’un individu (ou ménage) ou qui occasionnent des dépenses supplémentaires. On distingue 6 grands risques sociaux en France :

  • Le risque vieillesse-survie : le plus important, il représente 46 % des prestations en 2013, en raison du poids des retraites. Il inclut la prise en charge de la dépendance qui n’est pas reconnue comme un risque à part entière, malgré la mise en place de l’allocation personnalisée d’autonomie, instituée par la loi du 20 juillet 2001, et de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, créée par la loi du 30 juin 2004.
  • Le risque santé : inclut la maladie, l’invalidité , les accidents du travail et les maladies professionnelles. En 2013, il représentait 35 % des prestations servies.
  • Le risque maternité - famille : inclut notamment les indemnités journalières, l’allocation pour jeune enfant, les allocations familiales, les aides à la garde d’enfant et l’essentiel des aides au logement. Il représente 8 % des prestations.
  • Le risque « emploi » : c’est-à-dire l’indemnisation du chômage, les aides à la réadaptation et la réinsertion professionnelle, les préretraites, soit 6 % des prestations.
  • Le risque « logement » : il recouvre les différentes aides versées aux ménages pour faire face à leurs dépenses de loyer ou de remboursement d’emprunt, soit 2,5 % des prestations en 2013.
  • Le risque « exclusion sociale » : pris en charge par le revenu de solidarité active (RSA) depuis 2009, il constitue 2,5 % des prestations.

Service collectif

Activités d’intérêt général ou d’utilité publique, considérées comme indispensables à la cohésion sociale, dont les pouvoirs publics assurent la mise en œuvre.

Revenu

Les revenus sont l’ensemble de ressources dont disposent les ménages. Il peut s’agit de flux monétaires ou réels perçus par les agents économiques.

Patrimoine

Le patrimoine est un stock d’actifs financiers (actions, obligations, livrets d’épargne, assurance-vie…) et non financiers (logement, terrain, meubles, objets précieux…) possède par un ménage. Il correspond toutes les richesses accumulées par un ménage grâce son épargne.

Les grandes théories de la Justice Sociale

L'utilitarisme

Pour l’utilitarisme est juste ce qui permet au bien-être général d’être maximum, quitte à ce que certains perdent en bien-être. Selon l’utilitarisme, une société juste est une société qui maximise les satisfactions du plus grand nombre. L’objectif prioritaire est l’égalité des chances pour permettre une meilleure efficacité économique.

Le libertarisme

Le libertarisme favorise l’égalité des droits en tant que garantie de justice ; toute intervention de l’État est par conséquent injuste. Une société juste est une société qui accorde les mêmes droits à tous afin que chacun puisse agir librement. L’objectif prioritaire du libertarisme est l’égalité des droits afin de garantir la plus grande liberté individuelle.

L’égalitarisme strict

L’égalitarisme strict correspond à une égalité des situations concrètes. L’égalitarisme strict considère qu’une société juste est une société qui vise à supprimer toutes les inégalités de situation. L’objectif prioritaire est donc l’égalité des situations afin de supprimer totalement les inégalités réelles de situations.

L’égalitarisme libéral

L’égalitarisme libéral considère qu’une société juste est une société qui tolère certaines inégalités si elles sont en faveur des plus défavorisés. L’objectif prioritaire est l’égalité des chances pour améliorer le sort des plus défavorisés.
Suite du contenu
Créez un compte pour lire la fiche complète.
Cette fiche est uniquement disponible pour les utilisateurs babaccool.
Si vous êtes nouveau sur Babaccool, créez un nouveau compte et on vous offre la première fiche.
S'inscrire avec un email
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous

Ces fiches pourraient vous intéresser

Les plus populaires