Dans quelles mesures les pesticides représentent-ils un risque pour la santé humaine ?
Les titres des parties et les éléments de méthode apparents sont là pour te guider, tu n’as pas besoin de les préciser lors de l’oral.
Amorce : donner envie à l’auditeur d’écouter, l’accrocher avec une expérience commune, ou une situation historique !
Après avoir trahi la promesse d’interdiction du glyphosate d’ici 2021 et autorisé l’épandage des pesticides à proximité des habitations, le gouvernement, sous la pression du lobby de l’agriculture intensive, ré-autorise les néonicotinoïdes, une classe de pesticides interdits en France depuis 2018. L’Union Fédérale des Consommateurs Que Choisir dénonce une grave atteinte démocratique, environnementale et sanitaire.
Présentation de la question et de son originalité :
Dans ce contexte il convient de s’interroger sur les risques sanitaires associés aux pesticides.
Définition des termes du sujet
En agriculture, le terme « pesticide » désigne les produits phytopharmaceutiques utilisés pour protéger les cultures des maladies et des infestations. Ils comprennent les herbicides, les fongicides, les insecticides, les acaricides, les régulateurs de croissance et les répulsifs. On parle d’agriculture conventionnelle pour désigner les pratiques agricoles intégrant l’usage de pesticides.
Problématisation : montrer que la question ne va pas de soi, qu’elle est problématique :
Autour de cette question, les débats font rage et les discours se contredisent : difficile pour le consommateur de savoir où donner de la tête.
Annoncer rapidement ce que l’on va faire
Dans un premier temps nous analyserons la position des autorités officielles sur l’absence de risques liés aux résidus de pesticides dans les aliments. Nous étudierons ensuite les mécanismes et les faits qui poussent à qualifier les pesticides de double empoisonnement : pour l’humain et pour l’environnement. Finalement nous conclurons sur la possibilité et la nécessité d’une transition écologique de l’agriculture.
D’après les autorités officielles en Europe et en France, l’utilisation de pesticides dans l’agriculture n’induit pas de risque pour la santé des consommateurs. D’une part, les résidus de pesticides dans les aliments consommés au sein de l’UE respectent dans la grande majorité des cas les limites maximales fixées légalement. Certaines institutions officielles vont également jusqu’à affirmer qu’il n’y a pas de lien avéré entre l’ingestion de pesticides et le développement de maladies tout en argumentant que l’utilisation de pesticides est nécessaire pour le bien commun.
a. Les résidus de pesticides dans les aliments consommés dans l’UE ne dépassent pas les limites légales
Premier argument défendu
Les pesticides, à trop haute dose sont des produits dangereux pour la santé : écarter les risques, c’est limiter l’exposition. C’est là que les autorités sanitaires entrent en jeu, en définissant des limites maximales d’exposition sur la base de données scientifiques et en veillant à leur respect.
Utiliser ses connaissances pour répondre à la question posée.
Afin de préserver la santé publique, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a défini des limites maximales de résidus de pesticides dans les aliments (LMR). Ces limites sont définies sur la base de la plus faible exposition nécessaire pour protéger les consommateurs vulnérables et établies après une évaluation complète des propriétés de la substance active et des utilisations prévues du pesticide concerné. Les États membres de l’UE sont tenus d’effectuer des contrôles réguliers visant à vérifier le respect de ces limites légales : le programme de surveillance alimentaire européen est un des plus approfondis au monde, avec plus de 75000 échantillons alimentaires analysés à intervalles réguliers. Les données les plus récentes collectées en 2018 dans le cadre de ce programme de surveillance alimentaire, disponibles sur le site de l’EFSA montrent que 95,5% des 91.015 comportaient des niveaux de pesticides inférieurs aux LMR. Sur la base de ces données, combinées avec les informations sur la consommation alimentaire des citoyens européens, l’EFSA conclue ainsi que, d’après les connaissances scientifiques actuelles, la consommation de ces aliments « ne devrait pas occasionner de problèmes de santé chez les consommateurs ».
Second sous argument avec une idée qui vient approfondir la première
Au sein de certaines institutions politiques des voix s’élèvent pour avancer l’inexistence de lien avéré entre la consommation d’aliments issus de l’agriculture conventionnelle et l’apparition de maladies. Les pesticides souffriraient ainsi d’une réputation injuste qui entrave leur utilisation au détriment de l’économie. D’après l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) aucune « étude scientifique n'est en mesure aujourd'hui de faire, chez l'homme, un lien entre la consommation d'aliments issus de l'agriculture conventionnelle qui utilise des produits phytopharmaceutiques et la survenue de maladies ». Selon cette institution, la nocivité sanitaire des pesticides pour l’humain reste entièrement à prouver et les réticences au sujet de leur utilisation font courir un risque à l’économie : une baisse de leur utilisation diminuerait les rendements, entrainant une hausse des prix agricoles.
Transition et nouvelle difficulté à faire apparaître
D’après les autorités officielles et certaines institutions politiques, il n’y a pas de quoi s’alarmer au sujet de potentiels risques sanitaires liés à la consommation d’aliments issus de l’agriculture conventionnelle. La raison d’être première de ces institutions n’est-elle pas le bien commun et la protection des citoyens ? Pourquoi alors ne pas leur faire entièrement confiance et retourner acheter ses tomates chez Leclerc ? Oui, en effet, ce serait tellement plus simple si les choses fonctionnaient ainsi. Mais il y a les lobbies. Ces derniers sclérosent la sphère politique et imposent leurs propres intérêts, parfois au détriment de la santé publique. L’existence de conflits d’intérêts est une raison suffisante pour souhaiter écouter ce que les voix qui s’élèvent contre les pesticides ont à dire.
Second argument principal qui vient invalider le premier, ou le rendre insuffisant.
Des institutions nationales et des ONG tirent, depuis plusieurs années, la sonnette d’alarme au sujet des pesticides. Ces derniers constitueraient en réalité un double empoisonnement : à la fois pour l’humain mais aussi pour l’ensemble du vivant.
a. En ce qui concerne les perturbateurs endocriniens, les limites légales en résidus ne nous protègent pas
Selon un principe de base en toxicologie la dose fait le poison : on a une relation de proportionnalité entre la dose à laquelle nous sommes exposés et la toxicité. Mais est-ce le cas pour tous les types de pesticides ? Non. Notamment les perturbateurs endocriniens (PE), qui interfèrent avec le système hormonal lorsqu’on les absorbe, n’obéissent pas à cette loi. La raison : leur comportement dans l’organisme dépend de la dose ingérée, et ces derniers font plus de dégâts lorsqu’on en ingère des doses infimes. La notion de seuil légal de résidus en pesticides perd tout son sens pour les perturbateurs endocriniens. Ces derniers sont souvent assimilés aux plastiques et aux cosmétiques, mais on les trouve aussi en abondance dans l’agriculture ! En se basant sur les rapports officiels et la base de données TEDX répertoriant toutes les molécules considérées comme perturbateurs endocriniens, l’ONG Générations Futures démontre que 60% des pesticides présents à l’état résiduel dans l’alimentation des européens sont des perturbateurs endocriniens suspectés. Rappelons que les PE ont des effets nocifs sur la santé de plusieurs générations successives, affectant négativement la reproduction, la croissance, le métabolisme. Ils sont également fortement suspectés de contribuer au développement de cancers, du diabète et de l’autisme. Si la France, depuis 2014, a commencé à bannir certains PE, comme le fameux bisphénol A dans les biberons, les chiffres mis en évidences par Générations Futures, traduisent un manque criant de mesures pour l’agriculture qui risque de coûter cher aux citoyens.
Les études de certains organismes officiels comme l’EFSA tirent leurs conclusions à partir de l’analyse des effets de chaque pesticide isolé. Il s’agit d’une lacune majeure quand on sait que dans la « vraie vie » chacun de nous est exposé à de nombreux pesticides à la fois. La toxicité n’est alors pas la somme des toxicités isolées de chaque pesticide ingéré : leur effet est au contraire décuplé, on parle d’« effet cocktail ». En juin 2018, un rapport de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) donne l’alerte au sujet de ce mécanisme. Après une année de recherches en collaboration avec l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), l’INRA démontre que l’exposition de souris à de faibles doses d’un cocktail de six pesticides présents dans l’agriculture conduit à des perturbations métaboliques. Les six pesticides étudiés sont les plus utilisés dans la culture des pommes en France et en Europe (donc très présents dans l’environnement du consommateur) et les doses ingérées par les rongeurs étaient proportionnelles à la dose journalière admissible par l’humain, définie comme inoffensive par les agences de sécurité sanitaires. Or, exposés à ces doses, les mâles prennent du poids, développent du diabète et de la stéatose (accumulation de graisses dans le foie) et les femelles développent des perturbations de l’activité du microbiote intestinal. Ces résultats concordent avec des études épidémiologiques suggérant un lien entre exposition aux pesticides et maladies métaboliques. Il y a là largement de quoi remettre en question la prétendue inoffensivité des pesticides pour l’humain.
Si la question de la nocivité des pesticides pour la santé humaine alimente toujours les débats, leur impact désastreux sur l’environnement est incontestable. Bien que nous soyons de plus en plus déconnectés de cette réalité, nous ne pouvons exister sans une nature en bonne santé. En contaminant l’environnement, l’agriculture conventionnelle nuit également à l’existence humaine de manière indirecte. L’étude « Residues of currently used pesticides in soils and earthworms : A silent threat ? » publiée en janvier 2021 dans la revue Agriculture, Ecosystems & Environment met en lumière une réalité affolante : les sols et les vers de terre (essentiel à l’équilibre biologique et à la productivité des sols) présentent des taux élevés de contamination par les pesticides, et ce même lorsqu’on s’éloigne des parcelles agricoles traitées. En termes de désastre écologique, on peut également citer les néonicotinoïdes, évoqués en introduction, réintroduits en France récemment bien qu’ils soient responsables de la mort en masse des abeilles, mais aussi d’autres pollinisateurs sauvages et de la quasi disparition des insectes et oiseaux des champs en France. Cerise sur le gâteau : des risques sur la santé humaine commencent à être mis en évidence, notamment en ce qui concerne le système hormonal et le développement du cerveau. En bref, par son usage des pesticides l’humain nuit de manière avérée à l’environnement, polluant les sols, contribuant au déclin de la biodiversité et à l’effondrement des pollinisateurs ce qui impacte l’entièreté du vivant, dont il fait partie.
Récapitulatif de la deuxième partie et annonce de la troisième avec une nouvelle idée qui surgit.
Si les institutions de sécurité sanitaires se veulent rassurantes au sujet de l’usage des pesticides, la réalité est toute autre. Les récentes études scientifiques, toxicologiques et épidémiologiques font plus que soulever des doutes au sujet de leur dangerosité. La nocivité pour l’environnement est avérée et tout le vivant (dont la race humaine) en fait (et en fera) les frais. Une question s’impose alors comme une évidence : et l’agriculture sans pesticides ? La filière biologique, longtemps considérée comme l’apanage des « bobos » ne serait-elle pas une alternative capable de se substituer à l’agriculture conventionnelle avec d’énormes bénéfices à la clef pour l’homme et le vivant dans son ensemble ? Une transition biologique ne serait-elle pas même un impératif pour freiner la catastrophe écologique qui se répand sur Terre du fait de nos modes d’agriculture ?
En raison des multiples scandales sanitaires relatifs à l’alimentation, résultant en une perte de confiance (justifiée) massive de la part des consommateurs, l’agriculture biologique gagne du terrain. Aujourd’hui beaucoup la considèrent encore comme un luxe réservé à une minorité ou un attribut du « bourgeois bohème écolo ». Pourtant en réalité l’agriculture biologique est une solution tout à fait envisageable pour nourrir le monde : cette dernière, en plus de produire des aliments de meilleure qualité nutritionnelle, résiste mieux aux pathogènes que l’agriculture conventionnelle ! Il s’agit donc de massifier son usage, mais attention : cela ne signifie pas remplir les rayons des grandes surfaces de produits bio. Au contraire, la solution réside dans le refus du modèle de production alimentaire industriel, en créant de nouvelles dynamiques entre producteurs et citoyens.
a. L’agriculture biologique a la capacité de nourrir le monde
L’agriculture biologique est de loin l’agriculture la plus performante, aussi bien sur le plan agronomique que social, cette dernière constitue donc une solution adéquate pour répondre aux besoins alimentaires mondiaux. Jacques Caplat, auteur des livres Changeons d’agriculture et L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité réfute l’idée reçue selon laquelle le rendement de l’agriculture biologique serait inférieur à celui de l’agriculture conventionnelle. Il rappelle, d’une part, que la planète est loin d’être en situation de sous-production agricole : la faim dans le monde n’est pas un problème de quantité disponible, mais un problème de pauvreté. Pourquoi une si grande proportion de la population mondiale souffre-t-elle donc de la faim ? La réponse tient dans l’inaction de gouvernements corrompus, la rémanence de l’histoire coloniale et la pratique massive des cultures d’exportations au détriment des populations locales. Il y a aussi l’impact des importations massives de ressources telles que le soja qui servent à nourrir les élevages en occident plutôt que les humains. L’agriculture conventionnelle n’est pas du tout une condition nécessaire à la sécurité alimentaire mondiale : pour atteindre cette dernière, ce sont les dérives et les absurdités d’un système agricole et économique mondialisé qu’il faut corriger.
Jacques Caplat rappelle, en outre, que « toutes les études internationales qui ont étudié les rendements réels dans les fermes réelles sur des millions d’hectares parviennent à la même conclusion […] : les rendements de l’agriculture biologique sont supérieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle ». En résumé l’agriculture biologique est tout à fait capable de subvenir aux besoins alimentaires mondiaux et sa généralisation permettra même l’accès à une alimentation de meilleure qualité. En outre, le défi majeur relatif à l’alimentation mondiale tient plus dans une restructuration totale du système agricole, économique et commercial qui engendre de forts déséquilibres entre l’occident et le reste du monde, plutôt que dans la capacité de production alimentaire mondiale.
En plus d’être viable pour répondre aux besoins mondiaux, l’agriculture biologique est même plus résistante que l’agriculture conventionnelle. L’étude « Evidence that organic farming promotes pest control » publiée en juillet 2018 par la prestigieuse revue Nature, à laquelle a pris part l’Agence Française pour la Biodiversité, démontre la meilleure résistance de l’agriculture biologique comparée à l’agriculture avec pesticides. En effet, grâce à la diversité végétale et l’absence d’interventions chimiques extérieures les plantes développent d’elles-mêmes des systèmes de défense plus efficaces. En détails, l’étude met en évidence que l’agriculture biologique est plus efficace contre les pathogènes tels que les bactéries ou les champignons et aussi efficace que l’agriculture conventionnelle contre les insectes ravageurs. Le seul terrain sur lequel elle se défend moins bien est celui des mauvaises herbes. Globalement ces données suffisent pour remettre en question l’efficacité de l’intervention massive de l’agrochimie dans nos pratiques agricoles. Alors, à quoi servent les pesticides, à part engraisser l’industrie agrochimique ?
Attention, il ne s’agit pas simplement de passer à l’agriculture sans pesticides tout en conservant des pratiques caractéristiques de la production industrielle comme les monocultures délocalisées dans des pays où la main-d’œuvre est moins chère. C’est ce qu’on constate actuellement dans la production du bio de supermarché, le tout sur un fond de course à la rentabilité dont les producteurs paient le prix. Si la transition biologique se fait à grande échelle, ce phénomène risque de se généraliser. En réaction à ces défaillances, des coopératives se développent en Europe pour lutter contre le modèle alimentaire industriel : elles proposent de remettre les producteurs au centre des échanges, de rétablir le lien entre les citoyens et la production pour faire en sorte que tout le monde y trouve son compte, tout en restant éthique. Être plus conscients des produits que nous consommons, de ce qu’ils contiennent mais aussi de la manière dont ils sont produits nous permettra de regagner la proximité qu’il nous manque avec l’acte fondamental qu’est celui de se nourrir.
Conclusion : récapitulatif des étapes de la réflexion
Pour conclure, nous avons tout d’abord étudié les arguments de certaines institutions officielles se prononçant en faveur de l’usage des pesticides en raison d’un manque de preuves concernant leur nocivité pour la santé humaine. Nous avons ensuite constaté que les études menées par d’autres institutions publiques et certaines ONG soulèvent de forts doutes au sujet de leur sécurité sanitaire pour l’humain, mais qu’en plus les pesticides avaient un effet désastreux avéré sur l’environnement. Nous en payons le prix en tant que membres du vivant, et la tendance n’annonce rien de bon. Alors, pourquoi ne pas passer à une agriculture exclusivement biologique ? Qu’est-ce qui nous retient ? Visiblement, ce sont les lobbies de l’agrochimie et rien d’autre. En effet l’agriculture biologique est globalement plus performante que l’agriculture conventionnelle en termes de rendement, de résistance aux pathogènes et de qualité. Ajoutons qu’une transition biologique implique le bannissement des pesticides mais pas que : en opposition avec le modèle industriel, il est question de remettre du sens dans notre lien à la production et notre rapport à l’alimentation.
Ouverture (facultatif) :
Un pays qui a tout compris : le Bhoutan. Déjà en 2012, le premier ministre du royaume déclarait que le Bhoutan deviendrait « le premier pays 100% biologique ». Une politique exemplaire qui met la sauvegarde de l’environnement et le développement durable au centre des décisions. En 2015, déjà 90% des habitants possédaient des terres bio à 99%. L’agriculture n’est qu’une des multiples facettes de la cohérence politique de ce pays dont le gouvernement ne fait pas semblant d’agir pour la préservation du bien commun.
Les questions du jury et les réponses apportées sont des suggestions. Nous te conseillons de t’inspirer de la démarche et de la méthode pour le jour J, il n’est pas intéressant de les apprendre par cœur. En ce qui concerne les questions portant sur le projet d’études et professionnel, réfléchis-y en amont, tu auras forcément une question dessus !
Conseils :
Vous avez évoqué la cohérence politique du Bhoutan, connaissez-vous d’autres exemples de mesures politiques en faveur du bien commun ?
Réponse argumentée
Oui, le Bhoutan affiche clairement une volonté de préserver sa population ainsi que l’environnement des dérives de la mondialisation et de la frénésie de la consommation. Par exemple, la circulation des voitures est interdite dans le pays un jour par semaine. Les produits nocifs et addictifs comme le tabac, l’alcool et la junk-food sont fortement taxés. Le tourisme de masse est également fortement limité, avec des tarifs dissuasifs en termes de visas. Et bien sûr, il y a le célèbre indice du Bonheur National Brut instauré en 1972, qui remplace le PIB pour évaluer l’état de développement du pays.
Dans vos réflexions sur l’agriculture biologique vous n’avez pas mentionné son prix, ne pensez-vous pas que cela pourrait être un facteur d’inégalités sociales ?
Réponse argumentée
Tout d’abord, quand on parle du prix de l’agriculture biologique, ça peut varier du tout au tout en fonction de la manière dont on consomme. Ce qui coute extrêmement cher dans les magasins bio ce sont les produits transformés (industriels même si bios), la viande et les produits laitiers. Ces types d’aliments ne sont pas essentiels pour avoir une alimentation saine répondant aux besoins journaliers du corps humain. Si on achète en grande partie des fruits et légumes de saison issus de la production locale, des œufs et des céréales, alors la facture baisse considérablement. Si on se débrouille bien ça peut même revenir moins cher que l’équivalent en supermarché. Autre point : il a été démontré que les produits biologiques sont plus riches en nutriments que leurs équivalents en supermarché issus de monocultures sur des sols appauvris : ils nourrissent mieux on a donc besoin d’en consommer des quantités moins importantes. Finalement pour ce qui est des prix en eux-mêmes, le problème ne vient pas du bio mais de l’agriculture intensive qui a fait des prix cassés une référence sur laquelle semblent malheureusement indexées les politiques publiques en matière d’allocations pour les plus démunis : lorsqu’on estime quelle somme d’argent permet de vivre décemment, on considère par défaut que les achats alimentaires seront faits en supermarché.
Vous avez parlé du bio des supermarchés, ce dernier ne présente-t-il tout de même pas un intérêt en termes de santé ?
Réponse argumentée
L’absence de pesticides est en effet un avantage pour la santé par rapport aux mêmes produits en non biologique. Cependant la monoculture, les procédés accélérant la croissance au détriment des qualités nutritionnelles, la culture hors-sol, les importations et la délocalisation pour exploiter une main d’œuvre précaire, ça se fait aussi en bio. On se retrouve avec des produits de qualité inférieure (on le sent au goût), un poids éthique et environnemental pour un coût pas si éloigné de celui des fruits et légumes en magasin bio. Le bio de supermarché reste quand même majoritairement une manifestation de l’opportunisme des grandes surfaces.
Réponse argumentée
Je pense donc que mon rapport actuel à l’alimentation et aux problématiques environnementales me poussera à chercher un cadre de vie au sein duquel il sera possible de privilégier les circuits-courts, l’agriculture locale, le lien avec le producteur. Dans le cadre de la poursuite de mes études je vais très probablement habiter une grande ville, je pense donc me tourner vers les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) qui sont aujourd’hui largement développées. A plus long terme j’aimerais vivre proche de la nature et pourquoi pas tenter l’expérience de l’autonomie alimentaire, seul(e) ou en communauté… avec la dématérialisation et la généralisation du télétravail plein de nouvelles options s’offrent à nous, on peut combiner les modes de vie.
En quoi votre projet professionnel /d’études peut être mis en lien avec votre réflexion autour des enjeux écologiques ?
Réponse argumentée
Après avoir intégré un cursus universitaire en… (filière), je pourrais voir comment intégrer une réflexion centrée sur l’écologie à mes connaissances. L’avantage quand on est intéressé par l’écologie, c’est que c’est un sujet tellement central à l’heure actuelle qu’on peut facilement la combiner avec un grand nombre de domaines.
Réponse argumentée
En intégrant une prépa, il me sera possible d’arriver à occuper un poste à haute responsabilité dans la société, la vie politique ou même l’industrie. A partir de là j’espère avoir assez de marge de manœuvre pour contribuer à faire changer les choses dans le sens de l’écologie