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Les enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux liés à l'exploitation des océans

Après avoir présenté le document, vous montrerez en quoi il symbolise de nombreux enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux liés à l'exploitation des océans et des tensions d'appropriation de ces territoires.

Introduction

Amorce

En 1982, la Convention de Montego Bay avait pour ambition d'instaurer une réelle réglementation et une coopération de gestion afin de protéger mais aussi d'exploiter harmonieusement les mers et océans, ressources d'une extrême richesse pour nos nations et la biodiversité. La démarche nous montre bien qu'à partir du XXème siècle, l'urgence d'installer une organisation juridique des mers pouvait être une réponse aux conflits d’intérêts croissants entre les Etats.

Présentation du document

Ce document illustre ce propos, puisqu'il s'agit d'une caricature de Kevin Kallaugher publiée dans The Economist mettant en scène sur la partie supérieure du document des animaux craintifs d'une dégradation flagrante de l'environnement ; la seconde partie du dessin représentant quant à elle des sous-marins se battant pour obtenir les droits et la propriété de ce territoire marin à exploiter. Ils sont symboliquement « la face cachée de l'iceberg », car l'image revêt la forme d'un iceberg.

Problématique

En quoi cette représentation témoigne-t-elle des tensions et tentatives de coopération concernant les mers et les océans ?

Annonce du plan

Après avoir évoqué la manière dont le document nous permet de percevoir la complexité des conflits, nous expliquerons en quoi la coopération juridique dans ce domaine est encore imparfaite et constitue l'un des enjeux du XXIème siècle.

Première partie

La complexité des conflits

Des conflits aux enjeux multiples

Tout d'abord, on observe sur ce dessin que les bateaux représentant les différents états sont en compétition, ils brandissent des pancartes revendiquant leur droit à la propriété de l’espace maritime, et la compétition semble dépendre d'une certaine vitesse et capacité à s'imposer. Cela évoque sans doute la « course aux abysses » en cours depuis le XXème siècle, les grandes puissances espérant pouvoir exploiter les fonds marins en quête de nouvelles ressources et de biodiversité, ces espaces détenant 4/5 des espèces vivantes sur Terre. Ils sont également les lieux d'exploitations financières, avec notamment le système des nodules polymétalliques. Ces nodules sont des gisements de divers matériaux (fer, cuivre, cobalt) et la très forte hausse du prix des minerais a fait de ce marché un enjeu de premier ordre pour les industries des grandes puissances.

La légitimité des frontières maritimes

On remarque également sur l'image que le fond marin est représenté de manière uniforme et que les bateaux incarnant les états ont une apparence semblable. Ce choix graphique nous permet de comprendre que les tensions sont parfois liées à la difficulté de savoir qui est l'état véritablement « légitime » pour exploiter les ressources d'un espace marin. La ZEE et les eaux territoriales permettent de délimiter des espaces nationaux, mais de nombreux espaces font l'objet de conflits, tel que le conflit existant en mer de Chine méridionale. L'auteur du dessin choisit une couleur et une représentation neutre et souligne ainsi le manque de dissociations et de séparations claires des territoires se traduisant par un découpage imparfait responsable de tensions.

La question environnementale

Les personnages-animaux du dessin ont une conversation. L'un dit à l'autre « une zone immaculée, un environnement très riche a été découvert ». Son interlocuteur lui répond inquiet que cette zone pourrait justement être le bout de leur iceberg. Ce dialogue fait référence au conflit existant entre les dynamiques de pêche et d'exploitations massives de ressources, conséquences d'un système mondialisé, et les risques environnementaux que cela engendre. Cette opposition rend difficile la mise en place d'accords et de juridictions car certains états devraient alors accepter de renoncer, au moins partiellement à l’exploitation des zones maritimes concernées.

Deuxième partie

Une coopération juridique imparfaite

La symbolique de l’iceberg

L'aspect symbolique de la représentation réside dans la mise en abîme de l'iceberg. On remarque, dans un premier temps la partie émergée du petit iceberg sur lequel se trouve l'ours polaire apeuré, et dans un second temps, la face cachée, l’envers du décor, représentée par la partie immergée de l'iceberg, où se trouvent les bateaux et les conflits de territoires. Cette image forte peut être interprétée comme une allégorie de la situation juridique des mers et océans.

En effet, l'iceberg est une métaphore représentant à la fois ce qui est visible d’emblée, puis ce qui n'est pas évident au premier abord, mais qui se révèle, et qui constitue souvent une partie bien plus importante et insoupçonnée que la partie visible. En matière de de droits des mers et océans, des juridictions ont effectivement été mises en place et constituent la partie découverte de l’iceberg. En 1918, Wilson dans les « quatorze points » affirme entre autres « l'absolue liberté de navigation sur les mers, en dehors des eaux territoriales, en temps de paix aussi bien qu'en temps de guerre », ce qui pose les bases d'un droit libre pour les états, mais aussi de nouvelles règlementations.

L'idée d'un droit international maritime prend place peu à peu et laisse entrevoir une coopération nouvelle, avec l'objectif de respecter des intérêts communs. En 1982, la Convention de Montego Bay marque un tournant : 172 états sont signataires, sous l'égide des Nations Unies. La convention permet d'instaurer de grands axes concernant l'exploitation marine, la protection de la biodiversité, l’environnement, mais aussi la navigation, le survol ou encore la recherche scientifique marine. Une Autorité internationale du droit de la mer et un Tribunal sont également créés à cette occasion.

Des juridictions efficaces mais insuffisantes

Cependant, ces tentatives d'installer des juridictions efficaces, sont à posteriori jugées insuffisantes. C'est la partie « cachée » de l'iceberg sur le dessin. En premier lieu, les Etats-Unis n'ont pas ratifié la Convention, alors même qu’ils sont un acteur majeur de l'exploitation et de la navigation marine. L'ONU multiplie la création d'objectifs et de programmes spéciaux visant à améliorer la gestion commune des mers et océans, signe que la situation reste préoccupante.

La protection du patrimoine : un enjeu géopolitique

A l’heure actuelle, de nombreuses négociations sont encore en cours, notamment en ce qui concerne la juridiction des Aires Marines Protégées. Depuis 2018, une conférence appelée Biological Diversity Beyond National Juridiction a vu le jour. Elle questionne notre gestion d'un patrimoine mondial marin en commun et recherche les meilleurs outils de préservation de cet espace. L'enjeu réside dans l'atteinte d'un compromis entre la liberté privée des nations et la protection publique d'un patrimoine.

Conclusion

Pour conclure, ce document nous permet de mieux comprendre la complexité de la gestion des espaces maritimes, entre risques pour la biodiversité et l'environnement, et tensions géopolitiques d'appropriation des territoires. Le potentiel d'exploitation des fonds marins est responsable de nombreuses négociations car il est aussi synonyme de développement d'industries. La figure de l'iceberg nous rappelle que les juridictions et les coopérations intergouvernementales cachent parfois une difficulté plus subtile à s'entendre et à réaliser des avancées concrètes dans certains domaines, tels que les espaces maritimes.

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