Comment est structurée la société française actuelle ?
Classes sociales
Au sens général, une classe sociale est un groupe social de grande dimension dont les membres partagent des critères communs liés à la position sociale comme le revenu, la profession, le tout hiérarchisé.
Groupes de statut
La notion de groupe de statut est issue de l’analyse de la stratification sociale par Max Weber. Son analyse est pluridimensionnelle et repose sur trois critères : économique, social et politique. L’analyse selon le critère social s’intéresse à la distribution du prestige social qui dépend lui-même de quatre facteurs que sont la naissance, la profession, l’instruction et le style de vie, la répartition sociale qui résulte du critère du prestige social donne naissance à ce que Weber nomme les groupes de statuts.
Groupe social
Groupe au-seins duquel les individus partagent une ou plusieurs caractéristiques sociales (même sexe, âge, niveau de diplôme, niveau de revenu …)
Inégalités
Distribution inégale de ressources socialement valorisées.
Inégalités économiques
Distribution inégale de la ressource socialement valorisée qu’est le revenu.
Catégories socio professionnelles
Les PCS sont un outil construit par l’INSEE pour regrouper les actifs français dans des catégories dont les membres ont un statut professionnel similaire et présentent une certaine homogénéité sociale c’est-à-dire le même type de comportements vis-à-vis : des loisirs, opinions politiques, musiques …
Espace social
Représentation de la vie en société dans laquelle les groupes sociaux et les individus interagissent ensemble mais se distinguent aussi les uns des autres en fonction de critères économiques, culturels et sociaux.
L’espace social peut être pensé comme un assemblage hiérarchique de groupes d’individus partageant la même position socio-économique. La position socio-économique est principalement définie par le statut professionnel, le revenu et le diplôme des individus.
L’espace social est d’après Bourdieu, traversé par des rapports de domination. L’espace social est alors un espace constitué de classes relativement fermées et inégalement dotées en différents capitaux (ensemble de ressources que l’individu peut valoriser dans diverses situations sociales).
Structure sociale
Ensemble des relations qui unissent les individus membres d’une même organisation.
Stratification sociale
Répartition de la population d'une société en différents groupes sociaux différenciés et hiérarchisés. Cette répartition résulte du fait que toute société est construite sur un système de différenciation ou de hiérarchisation des positions sociales.
Origine sociale
L’origine sociale d’un individu est son positionnement au sein de la société dès la naissance.
Appartenance sociale
Le sentiment d’appartenance à un groupe se définit doublement, il faut que l’individu se sente lui-même appartenir à un groupe social et que le groupe le reconnaisse comme membre à part entière de ce même groupe.
Hiérarchisation
Organisation sociale des groupes et des individus qui les positionne les uns par rapport aux autres en fonction de leurs privilèges.
Revenu
Ensemble des revenus primaires (qui proviennent de la participation de l’individu aux activités économiques) et des revenus secondaires (revenus de transfert versés par l’État dans le cadre de la protection sociale).
Revenu de transfert
Ensemble des revenus liés à la redistribution effectuée par les pouvoirs publiques.
Profit
La différence entre la somme gagnée et la somme dépensée pour produire
Patrimoine
Ensemble des bien qu’un individu possède à un moment donné et qu’il peut transmettre.
Diplôme
Titre délivré par une autorité et qui sanctionne l’acquisition individuelle d’un certain niveau de connaissances et de compétences.
Socialisation
Processus par lequel l’individu apprend des normes, des valeurs et des pratiques correspondant à son rôle social, lui-même lié à son statut social, et qui permet la bonne cohésion et l’intégration sociale de l’individu au sein de la société.
Socialisation primaire
Acquisition durant l’enfance de l’individu des normes et des valeurs, des rôles et statuts propres à une société ou à un groupe social. La socialisation primaire est un processus de socialisation qui concerne les enfants, qui s’effectue d’abord au sein de la famille et se poursuit à l’école.
Socialisation secondaire
Poursuite du processus de socialisation à l’âge adulte, essentiellement dans le monde du travail mais également dans le milieu familial et réseau d’amis, fréquentation, conjoint.
Cycle de vie
Succession de périodes et d’étapes au cours d’une vie.
Position dans le cycle de vie
Place occupée temporairement par l’individu dans les étapes de la vie familiale, professionnelle, sociale liée à l’âge : enfance, jeunesse, maturité, vieillesse. Des comportements et des niveaux de vie sont associés à chaque étape.
Genre
Ensemble des caractéristiques relatives à la masculinité et à la féminité ne relevant pas de la biologie mais de la construction sociale.
Rapports sociaux de genre
Relation parfois conflictuelles entre groupes basés sur le genre.
Ménage
D’après l’INSEE, un ménage peut être défini comme l’ensemble des occupants d’une résidence principale, qu’ils aient ou non des liens de parenté.
Sociabilité
Capacité des individus à nouer des relations sociales et à échanger avec autrui.
Structure socioprofessionnelle
Ensemble des activités professionnelles des actifs distingués selon différents critères : secteur d’activité, niveau de formation, statut de l’emploi. Elle peut entre autres être appréhendée par la classification des professions et catégories socio professionnelles (PCS).
Salarisation
Augmentation de la part des travailleurs salariés dans la population active, au détriment de la part des indépendants.
Tertiarisation
Augmentation de la part du secteur producteur de services dans l’emploi, au détriment des secteurs primaire et secondaire.
Individualisation
Processus par lequel l’individu devient plus autonome par rapport à son groupe d’appartenance.
Féminisation de l’emploi
Progression de la part des femmes dans l’emploi déclaré et rémunéré.
Distance intra-classe
Distance statistique entre les membres d’une même classe sociale en termes de conditions de vie, de pratiques culturelles et de représentations. La distance intra-classe mesure les inégalités entre individus appartenant à une même classe sociale.
Homogamie
Tendance persistante dans la société française à choisir un conjoint socialement proche. (Phénomène mis en avant par Alain Girard (1964) puis Michel Bozon et François Héran (dans les années 1980)).
Moyennisation
Processus observable au cours des Trente Glorieuses qui se traduit par la croissance de la part des classes moyennes dans la société. Il en résulte un relatif effacement des frontières de classes et une réduction des inégalités.
Durant les Trente Glorieuses, Henri Mendras propose une vision de la société sur le modèle d'une toupie, dans laquelle une vaste « constellation centrale » constitue le groupe social qui absorbe d'autres groupes. Cette présentation permet de décrire le phénomène de moyennisation qui s'explique par le développement de la société de consommation, l'amélioration des salaires et des conditions de travail, mais aussi par l'affaiblissement des conflits et une conscience de classe moins marqués au sein d'une classe ouvrière dont les effectifs se réduisent dès le milieu des années 1970 et dont le niveau de vie progresse.
Polarisation
Processus par lequel la société se divise de plus en plus en deux pôles bien distinct.
Identité sociale
Combinaison de la manière dont l’individu se définit par un ensemble de caractéristiques, de rôles, et de valeurs, et de la manière dont l’individu est défini par autrui sur la base de ses groupes d’appartenance professionnelle, ethnique, d’âge, de genre… Cette identité sociale est donc plurielle.
Karl Marx s’intéresse à la société du XIXème siècle qu’il définit comme une société capitaliste, c’est-à-dire une société dont le mode de production est fondé sur la propriété privée des moyens de production et la séparation entre ceux qui possèdent ces moyens de production et ceux qui travaillent.
Pour Marx, la société capitaliste est constituée de deux classes sociales :
La définition des classes sociales par Marx est donc fondée sur un unique critère économique : la position dans les rapports de production. Dans l’analyse marxiste, les rapports entre les classes sociales sont conflictuels, on parle de « lutte des classes », car les différentes classes ont des intérêts qui divergent. Il existe une domination des bourgeois sur les prolétaires, qui les exploite en leur versant des salaires inférieurs à la valeur de ce qu’ils produisent. Les capitalistes extorquent en effet une plus-value, sur la valeur créée par les prolétaires. On parle de domination lorsqu’il existe des rapports asymétriques de commandement et d’obéissance entre les individus.
Trois conditions doivent être réunies pour que l’on puisse parler de classe sociale au sens marxiste :
L’analyse marxiste de la structure sociale est une conception réaliste, car selon lui, les classes sociales existent réellement, les individus d’une même classe ont réellement des intérêts communs à défendre et une conscience de groupe.
L’analyse de la stratification sociale de Max Weber est pluridimensionnelle. Il distingue en effet trois dimensions de la stratification sociale :
Ces trois dimensions de l’analyse de la stratification sociale ne sont pas forcément reliées. Les membres de l’élite économique sont souvent au sommet de l’échelle politique et statutaire, cependant, la position dans un ordre ne détermine pas systématique celle dans un autre. Une position défavorable sur l’un des axes hiérarchiques peut être compensée par une situation plus avantageuse sur un autre.
Weber propose une vision multidimensionnelle de la structure sociale, où l’économique, le social et le politique ne vont pas systématiquement de pair. Contrairement à Marx, il pense que les frontières sont floues entre les groupes sociaux et que les individus n’ont pas forcément conscience d’appartenir à une classe sociale. Il n’a donc pas une approche réaliste des classes sociales mais une approche nominaliste. Pour lui, une classe sociale est une collection d’individus rassemblés par le sociologue, il s'agit avant tout d'un outil de classement, ces groupes sont construits par les chercheurs.
Pierre Bourdieu cherche à dépasser les analyses dichotomiques (réalisme / nominalisme) qui opposent les approches de Marx et Weber. Il conserve le concept de classe sociale au centre de sa théorie. Pour définir à quelle classe appartient un individu il prend en compte les différents capitaux dont dispose cet individu : le capital économique, le capital social, le capital culturel et le capital symbolique.
Bourdieu différencie la classe dominante, la classe moyenne et la classe populaire en fonction du volume total de capital que détient chaque groupe. Il introduit en sciences sociales la notion d’habitus, qui permet d’expliquer le comportement social d’un individu ainsi que son appartenance à une classe.
Habitus
L’habitus est un ensemble de manières d’être, d’agir, et de penser propre à un individu, fruit d’un apprentissage particulier lié à son groupe d’appartenance, qui diffère selon sa classe sociale, sa dotation en capital et sa place occupée dans l’espace social. L’habitus structure les comportements et les actions de l’individu et aussi les positions dans l’espace social.
Domination symbolique
Ensemble des modes de domination culturelle et sociale, qui, sans apparaître comme tel, agissent sur les représentations et les actions des individus.
Depuis une trentaine d’années, les métiers routiniers ont tendance à disparaitre car ils sont facilement remplacés par des machines. L’informatique accélère la disparition de nombreux emplois intermédiaires et contribue parallèlement à l’essor d’une demande de travail très qualifié. Les qualifications se polarisent : d’un côté les métiers très qualifiés, de l’autre les métiers peu qualifiés, notamment les métiers de services, difficilement remplaçables par des machines.
La polarisation est observable par l’évolution des catégories socioprofessionnelles depuis 30 ans :
Distance statistique entre les classes sociales en termes de conditions de vie, de pratiques culturelles et de représentations. La distance interclasse mesure les inégalités entre individus appartenant à deux classes différentes.
Les évolutions récentes de la société française font apparaitre une réduction des distances interclasses. Les transformations de la structure sociale ont pour conséquence un brouillage des frontières entre les classes sociales. Les styles de vie des classes populaires se sont rapprochés de ceux des classes moyennes et supérieures. Ce phénomène s’explique par :